Apport protéique en Europe

Le rôle stratégique des acides aminés dans l’approvisionnement protéique européen 

Les productions animales Européennes dépendent largement des imports de matières premières, notamment de celles riches en protéines telles que le tourteau de soja. Selon l’UNIP1, en 2001, le secteur de l’alimentation animale de l’Europe des quinze consommait près de 30 millions de tonnes de tourteau de soja. Ainsi, l’autosuffisance de l’Europe en sources de protéines atteint à peine 30%. Les variations des stocks mondiaux et le cours du dollar ont un impact immédiat sur les cours de ces matières premières et par conséquent sur la compétitivité du secteur européen de l’alimentation et des productions animales. A titre d’exemple, en production porcine on estime que le coût alimentaire représente en moyenne 70% du coût total de la production.

 

 

L’utilisation de matières premières riches en protéines en alimentation animale pose également une question environnementale. En effet, si ces matières premières permettent de satisfaire les besoins en acides aminés essentiels des animaux, elles entraînent également des excès important d’autres acides aminés qui sont catabolisés par l’animal et excrétés sous forme d’azote dans les déjections. Ces déjections riches en azote accentuent la pollution des sols, de l’eau et de l’air par les composés dérivés de l’azote : nitrates, ammoniac…

 

Du point de vue nutritionnel, il est possible de limiter significativement le recours aux matières premières importées riches en protéines, telles que le tourteau de soja. Ces mesures nutritionnelles consistent à réduire leur incorporation dans les formules alimentaires au profit des céréales tout en maintenant les niveaux et l’équilibre en acides aminés essentiels via une supplémentation adéquate. Ces formules alimentaires permettent de valoriser les céréales européennes tout en réduisant les quantités d’azotes excrétées dans l’environnement par les animaux d’élevage. Ainsi, on peut estimer qu’une augmentation de 5 points de l’inclusion de céréales permet de réduire de 10% les rejets d’azote par les porcs et les volailles.

 

Ces formules à bas taux de protéines dont la mise en œuvre a initialement débutée dans les zones intensives d’élevages soumises à des réglementations environnementales se développent progressivement sous le double effet d’une disponibilité croissante en céréales et de la mise à disposition sur le marché d’acides aminés en quantité et en nombre de plus en plus importants. En 2001/2002, les acides aminés (L-Lysine, L-Thréonine, DL-Méthionine et L-Tryptophane) représentaient environ 17% de la fourniture protéique de l’Europe des quinze. On peut également estimer que 100 000 tonnes de L-Lysine HCl et les quantités associées de L-Thréonine, DL-méthionine et L-Tryptophane correspondent à une économie d’environ 3.5 millions de tonnes de tourteau de soja importé et une augmentation de l’utilisation de céréales Européennes dans des quantités équivalentes.

 

L’utilisation de L-Valine permet d’aller plus loin dans la baisse de la protéine. Sur la base d’un aliment porcelet ayant un ratio Val:Lys digestible à 70% et utilisant de la L-Valine permet de réduire le taux de protéine de 2% (voir graphique) .

 

 

 

  

Les chiffres indiqués dans cet article sont extraits des proceedings d’un forum organisé par la FEFANA2 en 2003

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Protein Supply for European Pigs 2010 - March 18, 2003

1 Union Nationale Interprofessionnelle des Plantes Riches en Protéines

European Association of Feed Additive Manufacturers: www.fefana.org

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