Réduction de la pollution azotée
L’intensification de la production qui a conduit au cours des dernières décennies au développement d’élevages hors-sol en particulier de porcs et de volailles ainsi que leur concentration dans les grandes régions Européennes de production a progressivement accentué les phénomènes de pollution notamment par l’azote. L’azote et ces dérivés (nitrates, nitrites, ammoniac, …) proviennent des déjections animales épandues sur les champs et conduisent à observer dans certaines régions des teneurs qui dépassent la réglementation dans les sols, les eaux et l’air. C’est pourquoi certains Etats et plus récemment l’Europe (Directive Européenne IPPC 96/61/EC du 24 septembre 1996) ont mis en place des réglementations visant notamment à limiter et résorber les excès d’azote dans l’environnement.
L’azote contenu dans les déjections animales est majoritairement d’origine alimentaire. L’azote ingéré principalement sous forme de protéines est métabolisé par les animaux afin d’en assimiler les acides aminés nécessaires à leur propre croissance. Dans ce processus, les protéines apportées de manière excédentaire par rapport au besoin en acides aminés de l’animal sont catabolisées et entraînent une augmentation de l’excrétion d’azote.
Le moyen le plus efficace pour réduire ces excès consiste donc à les limiter à la source, c'est-à-dire dans l’aliment. Contrairement aux mesures curatives (exportation et traitement du lisier, compost, amélioration des infrastructures), les mesures préventives agissent directement sur l'origine de la pollution. Ainsi, abaisser le taux de protéines de l’aliment est une stratégie extrêmement efficace pour réduire les rejets d’azote par les animaux. Les études sur le sujet ont montré que l’abaissement d’un point de la teneur en protéines d’un aliment pour porc ou volaille permet de réduire d’environ 10% les quantités d’azote excrétées par les animaux.
Plus d'informations sur "Prevention of nitrogen pollution from pig husbandry through feeding measures"
Dans l’élaboration de ces formules alimentaires à basse teneur en protéines les acides aminés libres jouent un rôle capital. En effet, ils permettent tout en réduisant les apports sous forme de protéines de maintenir l’apport en acides aminés indispensable de sorte à satisfaire les besoins de l’animal et maintenir ses performances. Les possibilités d’abaissement de la teneur en protéines alimentaires sont donc directement dépendantes de la disponibilité en acides aminés. Ainsi, avec les acides aminés disponibles actuellement sur le marché (L-Lysine, L-Thréonine, DL-Méthionine, L-Tryptophane et L-Valine), il est possible de réduire les quantités d’azote excrétées dans l’environnement de moitié.
Le développement de formules alimentaires à teneur de plus en plus basse en protéines et la généralisation de leur utilisation permettra le développement d’une filière des productions animales toujours plus respectueuse de l’environnement.
Plus d'informations sur "Besoin en acides aminés du poulet de chair : revue sur la Lysine, la Thréonine et les autres acides aminés."

