Améliorer l'utilisation des terres

Le rôle stratégique des acides aminés dans l'approvisionnement protéique européen


Avec une autosuffisance en sources de protéines qui atteint à peine 30%, les productions animales européennes dépendent largement des imports de matières premières riches en protéines. Le besoin européen en sources protéiques est essentiellement satisfait avec le tourteau de soja qui représente 64% de la consommation protéique européenne. Selon l'UNIP1, en 2001, le secteur de l'alimentation animale de l'Europe des quinze consommait près de 30 millions de tonnes de tourteau de soja par an. Le secteur de la volaille est le premier utilisateur de tourteaux de soja avec 50% de la consommation européenne et le secteur du porc est le deuxième avec 28%. Les variations des stocks mondiaux et le cours du dollar ont un impact immédiat sur les cours de ces matières premières riches en protéines et par conséquent sur la compétitivité du secteur européen de l'alimentation et des productions animales. A titre d'exemple, en production porcine on estime que le coût alimentaire représente en moyenne 70% du coût total de la production.

Du point de vue nutritionnel, il est possible de limiter significativement le recours à l'importation de matières premières riches en protéines. Ces mesures nutritionnelles consistent à réduire leur incorporation dans les formules alimentaires au profit des céréales tout en maintenant l'équilibre en acides aminés indispensables via une supplémentation adéquate. On peut estimer que 100 000 tonnes de L-Lysine HCl accompagnées des quantités associées de L-Thréonine, DL-Méthionine et L-Tryptophane correspondent à une économie d'environ 3,5 millions de tonnes de tourteaux de soja importés et à une augmentation de l'utilisation des céréales européennes dans des quantités équivalentes. Ainsi l'utilisation mondiale actuelle de L-Lysine permet d'économiser plus de 15 millions d'hectares de terres arables qui peuvent alors être utilisées pour la production de cultures à destination de l'alimentation humaine.

Les formules alimentaires à basse teneur en protéines brutes (PB), dont la mise en œuvre a débuté dans les zones d'élevage intensif soumises à des réglementations environnementales, se développent progressivement sous l'effet d'une disponibilité croissante en céréales et de la mise à disposition sur le marché d'acides aminés en quantité et en nombre de plus en plus importants. En 2001/2002, les acides aminés (L-Lysine, L-Thréonine, DL-Méthionine et L-Tryptophane) représentaient environ 17% de la fourniture protéique de l'Europe des quinze (Figure 1).

Figure 1. Contribution des matières premières à l'apport protéique nécessaire à la production porcine européenne

Aujourd'hui, la disponibilité de la L-Valine, permet d'aller plus loin dans la baisse de la teneur en PB des aliments. Un aliment porcelet ayant un rapport Val:Lys DIS à 70% et utilisant de la L-Valine permet de réduire le taux de PB de 2 points de protéines par rapport à un aliment sans L-Valine (Figure 2). Grâce à la L-Valine, il est ainsi possible de réduire encore plus l'importation de tourteaux de soja tout en augmentant l'utilisation des céréales locales.

Figure 2. L'utilisation de L-Valine permet de réduire le niveau de protéines de l'aliment de 2 points de protéines et d'utiliser les céréales produites localement plutôt que d'importer des matières premières protéiques

Les chiffres indiqués ci-dessus sont extraits du proceeding d'un forum organisé par la FEFANA2 en 2003 :

1 Union Nationale Interprofessionnelle des Plantes Riches en Protéines
2 Fédération Européenne des Fabricants d'Additifs pour la Nutrition Animale : www.fefana.org

 

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