Conditions sanitaires et
conséquences pratiques


Figure 1. L'effet négatif d'une dégradation de l'état de santé sur la croissance est induit par une diminution de l'ingestion alimentaire et par le détournement des nutriments des muscles vers les fonctions immunitaires

L'exposition permanente à des antigènes (infectieux ou non) empêche les animaux d'exprimer pleinement leur potentiel de croissance. Exposés à de hautes pressions sanitaires, les animaux présentent une croissance et une ingestion alimentaire dépréciées même si les signes cliniques de la maladie ne sont pas visibles. Les nutriments sont alors détournés vers les tissus et cellules impliquées dans les fonctions immunitaires (Figure 1).

Dans une telle situation, les acides aminés peuvent être utilisés comme source d'énergie pour la néoglucogenèse et pour la prolifération des cellules immunitaires ; ils servent également de constituants pour la synthèse des protéines de l'inflammation et immunoglobulines. Enfin, les acides aminés peuvent entrer dans des voies métaboliques spécifiquement dédiées à la défense de l'organisme. En comprenant les interactions nutrition × santé, les nutritionnistes et fabricants d'aliments peuvent concevoir des stratégies d'alimentation permettant de maximiser la productivité tout en minimisant l'impact négatif d'un environnement défavorable sur les performances de croissance.

Les antibiotiques facteurs de croissance (AFC) ont été interdits en alimentation animale en 2006 dans l'UE. Les AFC agissent principalement sur l'activité des bactéries intestinales en limitant le développement de bactéries pathogènes. Ils évitent ainsi les troubles digestifs et augmentent la disponibilité des nutriments et de l'énergie pour la croissance. Le retrait des AFC des aliments a conduit à une réduction de la croissance et une augmentation des dégâts sur la santé (Figure 2).

Figure 2. Effet du retrait des antibiotiques facteurs de croissance (AFC) de l'aliment sur les performances de croissance de l'animal

Puisque les acides aminés sont impliqués dans la croissance et pour certains d'entre eux dans l'intégrité intestinale (thréonine) et dans les fonctions immunitaires (thréonine et tryptophane), le retrait des AFC des aliments peut conduire à des besoins plus élevés en acides aminés. Les acides aminés peuvent en effet être utilisés en plus grandes quantités pour satisfaire le besoin d'une flore intestinale plus développée du fait d'un environnement sanitaire dégradé et / ou pour couvrir un besoin supérieur pour la synthèse de protéines impliquées dans les fonctions immunitaires. Les besoins en acides aminés ne dépendent donc pas uniquement du niveau de performance de croissance mais également du niveau d'ingestion de l'aliment et de la manière dont ils sont utilisés par l'organisme.

En dépit de performances de croissance diminuées lorsque les conditions sanitaires sont dégradées, les besoins en acides aminés pourraient être augmentés. Il a en effet été démontré que les besoins en lysine et thréonine sont plus importants lorsque des porcs sont nourris avec un aliment non supplémenté en salinomycine comparativement à ceux nourris avec un aliment contenant 30 ppm de salinomycine. En porcelets, les besoins en lysine et tryptophane restent inchangés quelque soit le statut sanitaire mais un déficit en l'un des ces acides aminés affecte plus sévèrement les performances de croissance des porcelets élevés en conditions sanitaires dégradées.

Ainsi lorsque l'environnement sanitaire est dégradé, un apport adéquat en acides aminés aide à maintenir les performances de croissance en réduisant l'impact d'une diminution de l'ingestion alimentaire et des changements de voie métabolique des nutriments.

L'article ci-dessous présente des données d'essais réalisés au Schothorst Feed Research sur l'effet de l'interdiction des AFC sur les besoins en acides aminés :

 

Plus d'information dans nos bulletins techniques ; de nombreux résultats expérimentaux y sont reportés :

 

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